LE TEMPLE PROTESTANT

   QUELQUES MOTS
SUR L’HISTOIRE
DU TEMPLE
DES PROTESTANTS RÉFORMÉS
(E.P.U.B.)

Place Brogniez à Fontaine-l’Evêque

Texte du Pasteur Bernard SCHÛMMER
recueilli et mis en page par
Roland POLIART

Le fronton de l’Eglise protestante de Fontaine-l’Evêque porte la date de 1895, année à laquelle la communauté put édifier son Temple.
Cependant, les origines de la paroisse remontent à cinquante années plus tôt.
Le 16 octobre 1841, deux pasteurs E. PANCHAUD, secrétaire de la Société Evangélique Belge et C. J. DUPONT débarquent dans la région de Charleroi.
Pendant cette période, se manifeste un véritable réveil qui s’étend et se généralise.
De 1844 à 1854, l’Eglise de Fontaine-l’Evêque, annexe de Charleroi, est placée sous la responsabilité du pasteur
G. POINSOT.
En février 1848, l’Eglise locale connaissant un passage à vide, reçoit les soins du pasteur A. JUNET.
S’attachant à cette œuvre, il lutte contre les difficultés, mais il succombe à la tâche, le 9 novembre 1853, laissant
la communauté fort désemparée.
Elle songe pourtant à l’avenir ; elle entretient une école d’une quarantaine d’élèves.
Plus tard, F. DAUMERY mis sa maison a disposition de l’Eglise qui n’en profitera guère, le troupeau se dispersant momentanément.
Ainsi l’école fondée en 1854 et dirigée par l’instituteur évangéliste A. BAUDOUIN, ferme ses portes.
Vers 1883, des réunions mensuelles, puis bimestrielles, groupent des familles protestantes surtout boraines, arrivées
chez nous pour travailler aux charbonnages.
En 1890, Fontaine-l’Evêque est annexée à l’Eglise de Courcelles, dont le consistoire loue le « casino », titre pompeux
d’une vulgaire salle d’auberge d’une capacité de 60 à 80 personnes.
En 1893-1894 (1), un réveil spirituel rend le local trop exigu.
Une propriété composée d’un terrain de 14 ares avec quatre masures, assez misérables, est achetée.
Après des transformations, le Temple est inauguré le 8 septembre 1895.
Le programme de construction se poursuit pendant le ministère de P. PICOT.

Une nouvelle salle, pour les réunions des Unions Chrétiennes de jeunes Gens et jeunes Filles, de la société
de Tempérance, de l’école du dimanche et des différents groupes de l’Eglise et comprenant une conciergerie,
est inaugurée le 26 juillet 1908.
Sous l’impulsion du même pasteur, une maison située rue Louis Delattre, 24, à quelques pas du Temple, est achetée,
pour devenir le presbytère.
La première guerre mondiale constitue une rude épreuve pour la communauté, privée de certains de ses membres, appelés sous les drapeaux ou déportés en Allemagne.
Toute la vie ecclésiale subit un ralentissement pendant l’occupation, dans l’attente de la libération tant espérée.
Après la guerre, l’Eglise reprend peu à peu son existence normale.
Pourtant, la situation économique que traverse le monde impose se sévères restrictions.
De 1934 à 1945, aucun pasteur titulaire ne réside à Fontaine-l’Evêque.
En 1931, le synode décide de changer le statut de Fontaine-l’Evêque et érige cette station en Eglise.
Cette modification entraîne la mise au point d’une liste de membres électeurs, en vue de la constitution d’un premier Consistoire.
En 1937, un redressement s’amorce, notamment dans le domaine de l’évangélisation, par l’usage intensif d’une grande tente, qu’on installait de quartier en quartier.
L’Eglise se mobilise et connaît une ère nouvelle d’extension et d’approfondissement. L’Europe se trouve, hélas, à la veille d’un cataclysme.
Pendant toute cette période, A. MASCAUX, pasteur à Jumet, se consacre également à l’Eglise de Fontaine-l’Evêque.
Son successeur, E. BURNAND arrive à demeure le 20 décembre 1945.
Dès ce moment, l’Eglise manifeste sa volonté de se développer, par une augmentation du nombre de présences aux cultes dominicaux et par une nette reprise des activités paroissiales.
Cependant, l’économie du pays se détériore et les clouteries, poussant de nombreuses personnes à quitter la région
pour trouver du travail.
Dans les années cinquante, après un pénible moment de vacance pastorale, le pasteur L. ZORN arrive à
Fontaine-l’Evêque.
Son ministère fut marqué par la nécessité de redonner un nouvel élan à la communauté.
C’est ainsi qu’à leur arrivée, les pasteurs B. ROULIN, M. LOMBART et J. SOMBREFFE trouvèrent une Eglise bien structurée.
Après le départ du pasteur J. SOMBREFFE, la communauté connut une difficile parenthèse de plus de cinq ans, durant laquelle un petit noyau (8 à 12 personnes) s’est battu pour qu’il ne faille pas « mettre la clé sous le paillasson », comme on disait alors.
Durant ces années, ce sont des prédicateurs laïcs qui assurèrent les cultes, conduits par des consultants successifs.
En 1991, lorsque le pasteur B-Z SCHÜMMER arriva chez nous. Il trouva une communauté petite, certes, mais constituée
de croyants affermis dans leur foi.
C’est sur ces bases solides que, depuis lors, l’Eglise revit. L’assistance au culte s’est fortement accrue (plus d’une centaine de fidèles) et les activités sont diversifiées.
Pour répondre à la forte croissance de la communauté, nous avons, entre autre, entrepris de rénover l’ensemble
des bâtiments laissés pour compte depuis de trop nombreuses années afin de les adapter à la vie diversifiée de la communauté.
Cette tâche nous occupe depuis 10 ans cette année (2009).
Notre communauté, fraternelle et ouverte, s’efforce, aujourd’hui, de rayonner dans la ville en annonçant la Bonne Nouvelle de l’Evangile.

Liste des pasteurs qui ont exercé leur ministère à Fontaine-l’Evêque

Première période (avant 1895)

Poinsot (?-?)
Maton (16/1/1845 – août 1845)
Jaccart (01/09/1845 – juillet 1846)
M Cornet Auquier (1846 – octobre 1846)
M.Roulet (1847 – 1848)
Junet (1848 – 1853)

Deuxième période (de1895 à nos jours)

Edmond Durand 4 ans 1896-1900
Henri Anet 5 ans 1900-1905
Pierre Picot 3 ans 1906-1909
Antoine Girard 9 ans 1910-1919
Joseph Bouilliez 8 ans 1919-1927
Jean Nicolet 7 ans 1927-1934
Abel Mascaux 11 ans 1934-1945
Etienne Burnand 6 ans 1945-1951
Louis Zorn 7 ans 1952-1959
Blaise Roulin 7 ans 1959-1966
Marc Lombard 12 ans 1966-1978
Jacques Sombreffe 8 ans 1978-1986
Germain Mahieu 1 an 1986-1987
Yves Jonas 1 an 1987-1988
Paul Nilsson 3 ans 1988-début 1991
Bernard-Zoltan Schümmer Arrivée 24-3-1991

Consécration 21-4-1991
(1) A la même date disparaissait la chapelle(a) de Saint-Bernard.
(a) Ce petit sanctuaire était jadis un oratoire public, situé au milieu de la place Saint-Bernard (Brogniez ), à l’extrémité
de la rue de Leernes (De Gaulle) et le chemin de la Barrière (Oscar Buchet), le long de la voirie et au niveau du chœur
du Temple.
Cadastré Section B 654 (Plan Popp), près de l’endroit où s’élevait jadis une porte de la ville.

Bien qu’on ne puisse assigner de date certaine à sa fondation, on peut affirmer que cette chapelle est fort ancienne
et a été érigée en mémoire du miracle que fit Saint Bernard lors de son passage en 1146 à Fontaine-l’Evêque
qui se trouvait dans l’itinéraire de son voyage de Liège à Cambrai et où il rendit la vue à un aveugle et guérit
un jeune paralytique.
Elle a subit de nombreuses transformations et a été restaurée en 1848.
On y célébrait jadis, le 20 août, jour de la fête de Saint-Bernard, une messe chantée, fondée par Jean Lemaire
et sa femme Isabeau de Jace ; le curé et le Clercq en ont pour salaires : xxxx s, les escholiers chantans à la dite messe :
xx s ; les vesves tant hommes que femmes y assistant : v s.
On y priait pour les maux des yeux.
Cette chapelle fut démolie en 1894 pour raison d’urbanisation.
Source : Recherches Historiques sur la Ville et la Seigneurie de Fontaine-l’Evêque par A.G. Demanet -1886- page 189.
(b) P-C Popp est né à Utrecht en 1805.
Après la mort de son père en 1817, sa famille vint s’établir en Belgique.
A la fin de ses études, il fit un stage au Gouvernement Provincial de Mons où il exerça pendant quelques années
la fonction de secrétaire particulier de Monsieur Beeckman, Gouverneur du Hainaut puis il entre au cadastre..
En 1827 il devint contrôleur du cadastre à Bruges et comme il dispose d’une imprimerie équipée pour la lithographie
afin d’imprimer, dès 1837, son journal libéral « Journal de Bruges », il a l’occasion de commercialiser son expérience
en entama l’édition de son « Atlas cadastral parcellaire de la Belgique ».
Son objectif était de mettre les plans cadastraux à la portée de tous.
Il y travaillera jusqu’en 1879, date de sa mort.

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