5. Etude du commerce de clous LEGAYE installé à Fontaine-l’Évêque en 1801, par Alain ARCQ

Etude d’un commerce de clous installé à Fontaine-l’Évêque

par Alain Arcq 

Etudier une famille ou plus simplement le fonctionnement d’une entreprise, telle une clouterie, pourrait paraître évident à beaucoup d’entre-nous.

Le plus souvent, les patronymes sont connus des historiens amateurs ou des « anciens » mais dans le cas de la clouterie LEGAYE, personne n’avait entendu parler de cette société.

Certes, ses activités remontent à l’époque du Consulat, de l’Empire mais également de notre période hollandaise, sous le règne de Sa Majesté Guillaume Premier, roi des Pays-Bas.

Je me suis rendu plusieurs fois aux Archives de l’État civil de la Ville de Fontaine-l’Évêque pour essayer de décrypter ce mystère. Trois demi-journées à compulser les vieux manuscrits des actes de naissance, de mariage et de décès.

Laissez-moi vous en livrer les résultats.

Tout d’abord, la période où l’on trouve trace des différents actes (naissance et décès), couvre les années de 1809 à 1825, plus exactement du 4 décembre 1809 au 2 mai 1825. Sept enfants sont nés à Fontaine-l’Évêque dont deux y sont décédés à l’âge de quelques heures pour un et de deux ans pour l’autre.

Rien dans les actes de mariage mais on sait que l’épouse de LEGAYE Alexis, Marie Louise Madelaine Adélaïde CHARLIER était native de Charleville, chef-lieu du département des Ardennes (France). Possibilité d’un mariage dans la commune de la mariée comme c’est souvent la tradition.

La facture établie en date du 27 septembre 1801 prouve que la société de clouterie fonctionnait déjà. Par le texte qu’elle contient, on peut supposer que LEGAYE Alexis, probablement originaire du département des Ardennes, est venu s’installer en famille comme négociant et marchand de clous, à Fontaine-l’Évêque alors que cette industrie était florissante. Il devait s’approvisionner chez des artisans cloutiers et revendre les clous au prix fort dans les industries navales comme celles de Bordeaux. Après 1825, les affaires devenant moins lucratives, la famille a dû quitter la région et peut-être retourner dans son berceau natal. Le manque de traces dans les archives des mariages et des décès, pourtant consultés jusqu’au début des années 1900, montre clairement que la famille n’était plus établie dans notre ville au-delà de +/-1830.

  

Facture clouterie LEGAYE de Fontaine-l’Évêque

datée du 27 septembre 1801 (Consulat)

Fontaineleveque 5 vendémiaire an 10

Monsieur

J’ai L’honneur de vous donner facture de quatre Barils de Cloux que je vous ai expedies suivant vos ordres qui doivent être rendu au premier dont facture suit

I.   G. IIon 9. Broqte   ronde 7/4e. 512   à 58 kgal.. 296        19c
Id. 10 Id.                 6/4. 236   à 61 id. 143        19c
Id. 576. Id.                 8/4. 263   à 55 id. 144        13c
Id. 580. Id.                 6/4. 250   à 61 id. 152        10c
    Total   758        61c

Je vous augmente de 3 %. Il mest de toute impossibilité de la baiser entenant compte de larrareté des ouvriers laugmentation du fer fait faire en mouvement il est très probable quil ayent encore une série D’augmentation dans peu.

Il parrait que mes affaires ne sont pas brillante dans votre pays depuis un mois je n’ai reçu aucune nouvelle de Vous cela me Donne de l’inquiétude ; obligez Moi donc de ne pas mabandonner pour me fere un grand service et attendant ( ?) de votre part je demeure avec respect votre Concitoyen

Legaye

Lettre facture clouterie LEGAYE face Mod

Le destinataire a  ajouté de sa main en bas de page : « Donne crédit le 25 Pluviose an 10me. »

A l’arrière une annotation manuscrite nous donne les renseignements :

« 5 Vendemre 10. Reçu le 16 V.

Fontaine Leveque

Legaye

Répondu le 22 Plvs »

Indication intéressante à savoir qu’une lettre partant de Fontaine-l’Évêque, transitant par « BINCH 86 » (BINCHE) arrivait à Bordeaux en 11 jours, en ayant franchi près de 850 kilomètres.

Le cachet de cire rouge utilisé est assez probant : il se lit à l’envers ! (marqué en négatif dans la cire)

AD

USUM

BELGII

AUSTRIA

1787

En réalité, pour se donner quelque importance, Legaye a fabriqué un cachet avec un liard autrichien qui n’avait de valeur qu’en Belgique. Il s’en est fait un cachet personnel et d’affaire ! Peut-être 1787 est-elle l’année de la fondation de cette clouterie ? Voici la traduction de cette pièce « seulement en usage en Belgique autrichienne ».

Lettre facture clouterie LEGAYE dos Mod

LEGAYE

 

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