Médaille Sainte-Hélène

La médaille
de Sainte-Hélène

par Alain ARCQ

 

 

 

 

Par décret daté de Saint-Cloud le 12 août 1857, Napoléon III, Empereur des Français et neveu de Napoléon Ier, ordonne
la création d’une médaille destinée, « au premier chef,
aux anciens combattants du 1er Empire. »
Mais, habile diplomate et fin politique, il y associe ceux
qui ont combattu depuis l’établissement de la Révolution
et, pour cela, établit les date de 1792 à 1815.

Toute personne pouvant justifier de ses services antérieurs
dans les armées françaises, se verra décerner cette médaille
accompagnée d’un diplôme signé par le général Lebrun, duc
de Plaisance pour les premières années.
Cette mesure est valable que l’on soit Français ou étranger !

Si, être titulaire de cette médaille impose d’être présent
aux fêtes du 5 mai (Décès de Napoléon Ier) et du 15 août
(Saint-Napoléon), elle offre aussi aux personnes démunies
une modeste pension, améliorant quelque peu
leurs conditions d’existence.

Fouillant les archives de Charleroi, j’ai pu retrouver la trace
de ces cérémonies pour l’ancienne commune de Leernes.

 

 

 

 

 

Extrait du JOURNAL de CHARLEROI du mercredi 5 mai 1858.

« On nous écrit de Leernes, le 2 mai :
Notre commune vient aussi d’avoir sa journée de glorieux souvenirs. M. Josson, bourgmestre, a distribué aujourd’hui
solennellement les médailles de Sainte-Hélène à dix vieux soldats de l’empire.
La commune de Leernes, d’une population de 800 à 900 habitants sous le régime français, comptait naguère encore quinze vieux soldats qui avaient assisté à de sanglantes et mémorables batailles, les uns en Espagne et en Portugal,
les autres en Allemagne et en Russie.
Voici les noms de ceux qui viennent d’être décorés :

Louis André, Nicolas André, Charles Bottiau, Nicolas Bataille, Pierre Cauderlier, Georges Cordier, Joseph Durieux, Pierre Hennaux, Désiré Renaix.

Quand notre honorable bourgmestre rappela en quelques mots les titres que ces braves soldats avaient au respect
de tous les habitants et le plaisir qu’il éprouvait de leur délivrer la récompense de la fidélité à leurs devoirs, des larmes
de joie coulèrent sur la figure des vieux guerriers.
Après que la musique eut exécuté la Brabançonne, la foule s’est dispersée aux cris de :

 Vive le Roi ! Vivent les braves de l’empire ! Vive le bourgmestre ! »

Sources

– JOURNAL de CHARLEROI, mercredi 5 mai 1858, archives de la ville de Charleroi
– TRADITION Magazine N°103 d’octobre 1995, pages 41 à 44