Les Disciples de Zola

 

Cercle Royal

« Les Disciples de Zola »

Le cercle dramatique « Les Disciples de Zola » aurait dû avoir 99 ans en 2010.

par Pierre Marrone

C’est en 1911 qu’une quinzaine de jeunes fontainois (de l’époque) décidèrent de créer une jeune garde dramatique socialiste chargée de diffuser les prémices d’une action culturelle ouvrière. Le cercle s’appela « Les Disciples de Zola »
et les fondateurs se nommaient : BURGEON Edgard, PAREE Joseph (Père), ROLAND Adhémar, ROLAND Olivier, BLONDIAUX Fernand, ANDRE Pierre, ANDRE Joseph, VANDROMME Julien, VANDROMME Joseph, VANDROMME Gustave, DUFRASNE Gaston, BERNARD Ernest, JOSSE Alphonse, ROCH Sylvain, BASTIN Albert, CARNEVAL Marcelin
et MASSIN Fernand.
Edgard BURGEON fut élu président et Joseph PAREE (Père) régisseur-metteur en scène.
Fonder une troupe théâtrale socialiste à cette époque semblait une gageure ; en effet, les groupes catholiques et libéraux fontainois occupaient alternativement le pouvoir à l’hôtel de ville et monopolisaient toute la jeunesse locale grâce
à leurs fanfares, harmonies, cercles dramatiques et gymnastiques, etc.
Et pourtant, dès la première représentation des « Disciples de Zola », ce fut un succès total.
La salle des fêtes de l’ancien hôtel de ville qui se situait place de la Wallonie, à l’endroit ou sont installés aujourd’hui
les anciens magasins SCAILLET, ne put contenir tout le monde : on jouait « L’Abbé Nicodème » et le public fut littéralement emballé par le jeu et l’interprétation des acteurs.

Les années passent …

Que de chemin parcouru depuis !
Plus le cercle socialiste s’amplifiait avec le temps, plus les partis bourgeois perdaient de leur influence.
En 1921, les socialistes recueillaient cinq élus communaux sur onze : les élections suivantes, ils montaient à sept sur onze et, depuis, ils n’ont cessé d’obtenir la majorité au conseil communal jusqu’aux élections du 8 octobre 2006
où les socialistes ont perdu leur majorité.
A chaque occasion, « Les Disciples de Zola » ont toujours prêté leur concours désintéressé : au bénéfice des enfants
des écoles officielles, en faveur des pensionnés, des guildeuses, des femmes prévoyantes socialistes, etc.
Alors que chez les catholiques et les libéraux, les jeunes les abandonnaient et leurs sociétés fondaient comme neige
au soleil, les fondateurs et acteurs du cercle dramatique socialiste se voyaient confier des tâches politiques importantes : conseillers communaux, échevins, receveurs et secrétaires communaux, membres du C.P.A.S.
C’était l’époque des MASSART Ernest, ROLAND Auguste, BOUFFIOUX Yvon, VANDERUS Alphonse, LEMAL Georges, MATTEZ Arille, SCAILQUIN Maurice, WOLF Jean, CHERON Armand, SOTTIAUX Raoul, GOMME Gaston, GHISLAIN Marcel, GHISLAIN Gontran, FEVRIER François, FEVRIER Edmond, et tant d’autres.
Depuis belle lurette, « Les Disciples de Zola » restèrent seuls sur le terrain théâtral fontainois ; ils ont acquis une renommée qui dépasse les limites de la ville, de l’entité et même du canton. Pour mémoire : en 1926, un enfant de 6 ans montait sur les planches : son nom est bien connu des fontainois « Joseph A.S. PAREE » futur bourgmestre de Fontaine l’Evêque du 25 août 1953 (à l’âge de 33 ans) jusqu’en octobre 1982.
Ce succès était dû en grande partie à nos amis ROLAND Adhémar (Président), BLONDIAUX Fernand (Vice-Président)
et PAREE Joseph Père (Régisseur) qui après 45 ans de présence étaient toujours au poste (1911 à 1956).

Le répertoire.

Au fil des ans, le cercle s’est attaqué avec succès à tous les genres : plus de 300 pièces furent interprétées au théâtre communal.
En 1928, il s’est présenté au tournoi provincial avec la pièce « Pierre CAYAU » ; il y a glané le premier prix
avec 98 pour cent des points.
Parmi les nombreux succès interprétés, nous relevons :

Drames :

« Mignon », « La Tosca », « La Joueuse d’Orgue », « Les Deux Orphelines », « La Gouailleuse »,
« L’Assommoir », « La Bête Féroce », « La Femme X », « Le Maître de Forge »…

Pièces en vers :

« Le Flibustier », « Le Luthier de Crémone »…

Opérettes :

« Les Mousquetaires au Couvent », « Les Hirondelles », « Quand l’Amour Chante », « Le Baron Vadrouille »…

Comédie :

« La Nuit est à Nous », « Le Rosaire », « Vingt jours à l’Ombre », « Gringalet », « Nos Intimes », « Disparu », « Je l’Aimais Trop », « Le Mariage de Mademoiselle Beulemans »…

Vaudevilles :

« Madame et son Filleul », « Le Chapeau de Paille d’Italie »…

Revues :

La première grande revue « ZEEP » à grand spectacle fut écrite par M. CARTON et jouée en 1920.
Auguste ROLAND et Jeanne PIANETTI en étaient les compère et commère.
Grande revue locale en 2 actes dont un prologue avec un orchestre symphonique sous la direction
de M. Edgard Burgeon.
Les ballets étaient dirigés par Melle Marie Ferry, la mise en scène et la régie étaient de M. Joseph Parée (Père), et avec le brillant concours de : Mme Laure Goossens et Melles Marthe Burgeon, Germaine Brasseur,
Alice Goossens, Angèle Aubry, Denise Stassin, Aimée Stassin et Louise Debuisseret.
Le président était Fernand Babette et le secrétaire était Ernest Massart.

Puis en 1927

« On d’mande un Papa » a été écrite par Olivier ROLAND et Georges LEMAL.
Les compère et commère étaient Simone HANON et Georges LEMAL.
Et, en plus, tout le répertoire des pièces wallonnes de l’époque dont l’opérette en 1 acte
« A l’cache à mouchons » qui fut jouée le 13 novembre 1932 dont la photo est reproduite ci-après.

Signalons également, pendant cette période de l’entre-deux guerres la naissance du C.L.E.O. (Cercle Local d’Education Ouvrière) placé sous la férule de Raoul SOTTIAUX, avec la participation de Marie et Georges LEMAL, Mariette DELMOTTE, Arnould MATTEZ, Armand CHERON.

Après la deuxième guerre.

Sous l’occupation allemande, le cercle stoppa ses activités pendant 4 ans.
La guerre terminée, il recommença de plus belle avec « Les Pirates de la Savane », pièce en 5 actes, 6 tableaux,
le tout suivi d’un grand bal.
Une troupe de dévoués avec, en tête, GOMME Gaston, CAUDERLIER René, MICHEL Fernand, MOUREAU Oscar
et POULEUR Léopold, créa une sous-section : « La Jeune Equipe » groupant des garçons et des filles de 6 à 18 ans,
elle leur inculqua les principes de la danse. Grâce à cette formation, de merveilleux ballets vinrent exhausser
l’interprétation des pièces de théâtre.
C’est ce qui donna à Monsieur J.A.S. PAREE et à Monsieur Arnould MATTEZ l’idée d’écrire et de monter plusieurs revues
à grand spectacle.
La « Revue Expresse » (1949), « Blanche Neige et les Fontainois » (1952), « Mais qué d’Jeu ! » (1954) dont un facsimilé de l’affiche a été retrouvé et il est reproduit ci-dessous,


« On r’met Ca » (1955), « Mais qué Planète » (1957)
– photo ci-dessous –


Avec Gaston Gomez (Mussolini), François Février (Hiro Hito), J.A.S. Parée (Staline) et Arnould Mattez (Hitler).
Puis « Fontaine, Forchies, Leernes…en Voiture » (1976), « Au Royaume de l’Opérette » (1976),
« N’astons ni co rallet » (1982), « Qué cinéma, mes d’gins » (1983).
Le compère était Armand CHERON et les différentes commères suivant les revues étaient Ninette BOMBEEK,
Laure HOUSSIERE et Ghislaine SERMEUS.
En 1946 fut crée « El Bouc est tué », pièce qu’Arnould MATTEZ avait écrit en Allemagne, pendant sa captivité, et qui fut suivie du « Puss des Ambitieux » en 1952, avec le concours de Elisa GOMME, Oscar MOUREAU, Armand CHERON,
Albert BAUDOUX et Henry ENGELEN.
Il y eu aussi de nombreuses pièces à succès tels que : « La Puce à l’Oreille », « Le Cheminot », « La Charrette Anglaise », la trilogie de PAGNOL « Marius », « Fanny » et « César ».

Après les années 1980.

Mais les années s’égrènent inexorablement ; les derniers fondateurs du cercle dramatique « Les Disciples de Zola »
ont disparus et les nouveaux acteurs ne manquent pas d’y faire référence à chaque occasion.
Après 20 ans de secrétariat en 1982, succédant ainsi au président Oscar MOUREAU, notre ami Fernand COLLARD
en est devenu le président jusqu’en1993, avec comme secrétaire Bernard HOCQUET et comme trésorier Pierre MARRONE.
En 1985, à la disparition de Joseph PAREE, son épouse Raymonde PAREE, excellente actrice, reprit le flambeau et assura
aussi la mise en scène.
Le comité a été complètement renouvelé : Pierre MARRONE en est le président.
Le secrétariat est occupé par Antoinette ORSINI, la trésorerie a été confiée à André DERBEQUE et le régisseur – metteur en scène est Léon CAUDERLIER.
Vu la situation économique qui se dégradait de plus en plus, le cercle dramatique s’est tourné carrément vers la comédie
et le vaudeville afin de faire oublier momentanément à la population cette période noire en jouant les pièces suivantes :
« Les Dégourdis de la Onzième » (1985), « De Doux Dingues » (1987), « L’Bouc est tué », « Coup de Soleil » (1988),
« Vous n’Avez Rien à Déclarer » (1990), « Baby Hamilton », « Em Chair Eyet Mes Ochas » (1991), « Les Enfants d’Edouard », « Les Coucous » (1992), « Les Filles », « En’ Sacré Muchette » (1993), « Super Papy », « Valentin » (1994),
« La Bonne Adresse », « Monsieu Sins Gêne » (1995), « Bossemans et Coppenolle », « Soirée de Gala » avec
la participation des sociétés : « Loisirs et Agrément » et « La Boîte à Chansons » afin d’inaugurer notre reconnaissance
comme CERCLE ROYAL.

Nous avons aussi joué ce soir-là « N’a-t-i ou n’a-t-i pon ? » (1996)
– photo ci-dessous –


« Bossemans et Coppenolle à Hollyfoot »
– photo ci-après –

« Ene Coupe Di Pères » (1997), « Pyjama pour Six » (1998), « La Bonne Anna », « Duos sur Canapé » (1999)
– photo ci-dessous –


La dernière pièce qui avait pour titre « Tou bâgne » a été jouée le 16 novembre 2002 après 91 ans d’existence après que le président, Pierre Marrone, ait remis sa démission pour des raisons de santé.
Toutes les activités du Cercle Royal « Les Disciples de Zola » ont cessées ce jour-là.

Sources :

Textes de Joseph A.S. PAREE, Arnould MATTEZ, Le CASI.
Photos Roland Poliart et Hugues Parée.

 

 

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