Le blason

LE BLASON DE FONTAINE-L’ÉVÊQUE

Les armoiries, bien qu’ayant un très long passé, nous sont familières : partout nous les rencontrons. Notre ville de Fontaine-l’Évêque possède bien entendu les siennes. Elles nous permettent d’identifier directement un document émanant de la Ville, l’appartenance du stade de football, notre revue communale ou encore la station de métro Fontaine, etc. Dès que nous voyons cet aigle sur fond jaune traversé d’une bande rouge, nous savons qu’il s’agit de l’entité de Fontaine-l’Évêque. Mais au fait quelles sont les origines de ces armoiries ? D’où nous viennent-elles ? Comment peut-on les décrire ? Et quelle est l’histoire de notre blason ? Nous tenterons au travers de cet article de répondre à ces questions.

 

Qu’est-ce que des armoiries ?

D’où cela provient-il ?

Qu’est-ce que des armoiries ?

Les armoiries sont un ensemble de signes, de devises et ornements de l’écu d’un État, d’une ville, d’une famille, etc. Il s’agit donc de signes distinctifs permettant de reconnaître une famille, une ville, une communauté religieuse, une corporation de métier, etc. L’héraldique est la science qui étudie les blasons et ces différents signes(1).

 

D’où cela provient-il ?

Beaucoup d’histoires et de légendes racontent l’origine des armoiries. Ainsi pendant longtemps, on a cru qu’il fallait en rechercher l’origine dans les croisades. Mais les conditions requises pour qu’elles apparaissent existaient bien avant.

Depuis le Moyen-Age, les théories les plus diverses et les plus farfelues se sont multipliées. Un exemple : Favin, dans son Théâtre d’honneur et de Chevalier, affirme que les armoiries sont aussi anciennes que le monde et fait remonter leurs origines jusqu’à la Bible ! Michel Pastoureau(2) , un grand héraldiste français, balaie toutes ses théories. Pour lui, l’apparition des armoiries est surtout due à l’évolution de l’équipement militaire entre la fin du XIème siècle et le milieu du XIIIème siècle. À l’époque, en effet, les combattants, soit en guerre ou pendant les tournois, portent des heaumes c’est-à-dire des casques qui recouvrent l’entièreté de la tête.

Ces combattants sont donc méconnaissables. Il fallait donc trouver un système qui permette de les identifier dans la mêlée, surtout si ceux-ci combattaient au loin, en Terre Sainte par exemple(3). Afin de reconnaître tel ou tel chevalier, ceux-ci prirent l’habitude de peindre sur leur bouclier tout d’abord, puis sur leur bannière, leur cote d’armes et même sur leur heaume des signes distinctifs : soit des formes géométriques, soit des animaux ou encore des motifs floraux. Ces signes étaient destinés à être vus de loin ce qui explique l’emploi de couleurs vives et contrastées.

Il est impossible, faute de sources, de dater précisément l’apparition des premières armoiries. Diverses hypothèses ont été avancées. Ainsi la Tapisserie de Bayeux (1080-1100 environ)(4) est intéressante à plus d’un titre, notamment sur le détail de l’armement de l’époque. En effet, on peut voir sur cette broderie les figures qui ornent certains boucliers : croix, sautoirs, dragons. Il ne s’agit pas là d’armoiries car un même personnage représenté à plusieurs reprises sur la tapisserie porte un bouclier orné d’autres figures. Or pour Pastoureau, il n’y a d’armoiries qu’à partir du moment où le même personnage fait constamment représenter sur son écu ou sa bannière les mêmes figures et les mêmes couleurs pendant une période assez longue de sa vie(5).

Autre intérêt de cette bande, une preuve que les signes de reconnaissance étaient devenus indispensables : au cours de la bataille d’Hastings, on peut voir le duc Guillaume relever son heaume à nasal pour se faire reconnaître de ses soldats qui le croyait mort. La Telle du Conquest(6) constitue, pourtant, un document pré-héraldique capital. Pendant longtemps, on considéra aussi la célèbre plaque funéraire de Geoffroy Plantagenêt, comte d’Anjou et duc de Normandie mort en 1151, comme le premier document héraldique. En effet, on trouve sur cette plaque émaillée ce haut seigneur tenant un grand bouclier bleu (azur) semé de lions d’or. Cependant, d’après Michel Pastoureau, il s’agirait de l’écu du beau-père de Geoffroy Plantagenêt, Henri 1er. De plus, la plaque funéraire a été réalisée dans les années 1155-1160 et donc après sa mort; Geoffroy Plantagenêt n’aurait donc jamais porté d’armoiries(7).

Ce serait une gageure de chercher les armoiries les plus anciennes. Comme expliqué plus haut, leur apparition ne dépend pas de l’initiative d’un seul individu mais bien d’un fait de société, né d’une nécessité. Les armoiries seraient nées entre 1120 et 1150 et s’étendraient sur trois quarts de siècle environ(8).

Au Moyen-âge avec la naissance des patronymes, les armoiries apportent des signes d’identité nouveaux aidant les individus à se placer dans un groupe et dans l’ensemble du système social.

Au départ individuelles, les armoiries vont devenir héréditaires. Elles vont également se hiérarchiser : utilisées à l’origine par des princes et des grands seigneurs, elles vont petit à petit être adoptées par toute l’aristocratie occidentale. Au début du XIIIème siècle, on peut dire que toute la noblesse possède ses armes. L’usage va même se répandre aux autres groupes de la société : ainsi les dames, les bourgeois, les corporations de métiers, les villes, les communautés religieuses et même les paysans possèderont leurs armes(9).

Au fil du temps, les armoiries ne vont cesser de se développer. Progressivement, des règles strictes vont diriger la création de nouvelles armoiries.

En France, Louis XIV tentera même de les consigner dans un recueil L’Armorial général et ceci dans le but de faire payer une taxe à quiconque ferait enregistrer ses armes. Ce projet fut abandonné en 1709 mais L’Armorial contenait déjà plus de 120 000 armoiries !

En 1790, la Révolution française partit en guerre contre les armoiries puisqu’elle les assimilait à la noblesse. Une véritable chasse aux armoiries s’organisa dès 1792 à Paris d’abord et progressivement dans les provinces et jusque dans notre pays. Sous peine d’amende, de confiscation ou de destruction, il fallut faire disparaître de tous les biens meubles ou immeubles tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un blason.

Aujourd’hui, dans notre pays comme au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas, l’usage des armoiries est toujours en vigueur même s’il est limité. Ainsi les personnes anoblies par le Roi peuvent posséder leurs armes.

De nos jours, nous utilisons toujours ce principe (avec quelques modifications) au travers de nos drapeaux, logos, écussons, fanions ou bannières. Il s’agit toujours de pouvoir reconnaître l’autre ou l’autre groupe grâce à ses couleurs, à un signe distinctif. Des exemples ? Prenez les couleurs des deux plus grands clubs de foot de Milan; ces couleurs sont en fait les couleurs des deux quartiers de la ville au XVIème siècle ! Nous retrouvons aussi ces signes sur les marques de voiture : ainsi le lion de Peugeot serait un souvenir du lion héraldique de la Franche-Comté parce que son siège social et les usines se trouvaient près de Montbéliard !(10).

 

Les armoiries communales en Belgique : quelle histoire !

En Belgique, l’histoire de nos armoiries communales est mouvementée, conséquence des nombreux régimes qui nous dirigèrent.

La commune représente le premier niveau où s’exerce la démocratie. Nos communes trouvent leur origine au Moyen-Age; elles sont les héritières de ces communautés qui se sont organisées dès les XIIème et XIIIème siècles suite à l’octroi notamment des premières chartes d’affranchissement. Dès ce moment, les juridictions communales et échevinales éprouvèrent le besoin d’authentifier leurs actes par l’apposition d’un sceau.

Ces premiers sceaux représentent souvent la ville d’une manière conventionnelle : porte, tour, château fort, arbre de justice, perron ou encore effigie du patron de la paroisse. C’est seulement à partir du XVème siècle que certaines municipalités vont s’attribuer des armoiries parfois très différentes de leur emblème primitif.

Quant aux communautés rurales, elles vont bien souvent s’approprier l’emblème du seigneur local, d’une famille importante du lieu ou d’une communauté religieuse. C’est ainsi que le scel échevinal de nombre de localités portait les mêmes armes, celles des Maisons puissantes possessionnées(11) .

Au cours des siècles, les armoiries communales ont évolué; parfois nos souverains étrangers imposèrent leurs propres règles ainsi que cela se passa sous les régimes français et hollandais.

Sous le régime français, les municipalités furent contraintes de faire figurer sur la matrice de leurs sceaux des emblèmes révolutionnaires puis l’aigle impériale et enfin à partir de 1809, les armoiries particulières octroyées par décret impérial.

Pendant la période hollandaise, de nombreux décrets réglementèrent l’héraldique communale. Les anciennes armoiries municipales devaient être confirmées et les communes qui n’en possédaient pas devaient adresser au Conseil suprême de noblesse une demande motivée de concession. Quant à celles qui n’avaient pas d’armoiries particulières, un arrêté royal du 3 janvier 1818 détermina la forme, l’empreinte de leur sceau. Beaucoup de communes choisirent leurs armoiries de manière fantaisiste, au hasard, voire en fabriquant un rébus faisant allusion au nom de la localité. Le Conseil suprême de noblesse accepta cependant nombre de ces armoiries improvisées(12).

 

Plus tard, avec la fusion des communes (effective le 1er janvier 1977), les armoiries des communes allaient être une nouvelle fois bouleversées. Les nouvelles entités ainsi nées ne purent plus utiliser les emblèmes des anciennes communes et eurent donc à introduire une demande en vue de se faire octroyer par le Roi des armoiries et un sceau(13).

La nouvelle entité de Fontaine-l’Évêque fut autorisée en 1980 à faire usage des armoiries de 1898. Il faut préciser que ni Forchies-la-Marche, fief haut justicier dépendant du comte de Hainaut au XVème siècle, ni Leernes, dans l’orbite de l’abbaye de Lobbes et siège de l’abbaye d’Aulnes ne portaient d’armoiries avant leur fusion avec Fontaine-l’Évêque(14).

 

Comment lire des armoiries ? Petit lexique pour débutant

 

Les figures blason

Elles sont nombreuses. Ce sont essentiellement des figures animales qui sont représentées

avec très vite comme motifs dominant le lion et l’aigle.

 

L’aigle, toujours au féminin en héraldique, est avec le dragon le seul animal qui appartient à

l’emblématique de tous les temps et de tous les pays.

 

L’aigle se rencontre beaucoup moins fréquemment que le lion, notamment dans notre région

où elle est assez rare. Elle est une figure héraldique nobiliaire et symbolise la puissance

et l’autorité(15). Aux XIIème et XIIIème siècles, l’aigle, dans les blasons germaniques, est aussi

l’emblème des partisans de l’empereur alors que le lion celui de ses adversaires(16).

 

L’aigle héraldisée existait déjà au XIIème siècle; on la retrouve sur une monnaie de l’empereur

Frédéric Barberousse. Cette figure est toujours la mieux dessinée du blason : elle est

représentée aplatie, la tête dressée, les ailes étendues et symétriques; les pattes sont plus ou

moins écartées. Au regard, il semble que l’aigle ait été clouée sur l’écu en guise de trophée.

Généralement, sa tête est tournée vers la dextre (droite)(17).

 

Le langage héraldique a ses règles ainsi on dira d’une aigle qu’elle est becquée et membrée si  son bec et ses pattes sont d’un autre émail que celui de son corps. Et si la langue et ses griffes  sont apparentes et d’un autre émail également, elle est alors languée et onglée(18). D’origine  hittite, l’aigle se répandit en Asie Mineure, en Égypte, en Grèce ainsi qu’au Mexique. C’est Constantin le Grand qui l’adopta en Occident pour symboliser l’unité d’un pouvoir réparti entre Rome et Constantinople, entre l’Orient et l’Occident. Les Turcs Seldjoukides en firent également usage. Charlemagne, quant à lui, n’utilisa jamais l’aigle éployée monocéphale. C’est l’empereur Sigismond, qui en 1437, reprit l’usage de l’aigle à deux têtes pour affirmer sa prétention au pouvoir suprême. Il est à noter que les rois des Romains à leur couronnement ne portaient que l’aigle éployée à une tête(19).

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Cependant on retrouve dans les armoiries un véritable bestiaire avec par exemple le cerf, le sanglier, le loup, le porc-épic, le poisson, l’écrevisse, l’ours, la vache, le dauphin, la sirène et bien entendu le griffon. Comme vous pouvez le constater ces animaux peuvent être réels ou imaginaires.
D’autres figurent viennent compléter un écu telles une croix, des figures naturelles (soleil, lune, étoiles, etc.),  des figures humaines, les parties du corps, des figures végétales (arbres, fleurs telles les deux roses anglaises ou la fleur de lys des rois de France, etc.), des figures artificielles (anneaux, festons, épées, chaînes, clefs, couronne, outils des gens de métier, etc.).
Les figures héraldiques proprement dites sont formées, quant à elles, des différents signes de convention qui accompagnent souvent les figures ou même seules. Elles sont au nombre de douze : le chef, le pal, la fasce, la bande, la barre, la croix, le chevron, la bordure, le franc-quartier, l’écusson en cœur, la champagne(20).

 

 

 

 

 

 

Les partitions

L’écu peut être d’une seule couleur (il est alors dit plain) ou divisé par quatre traits de base, qui feront apparaître les autres couleurs. Il sera alors dit parti, coupé, tranché, taillé, en sautoir ou encore écartelé(21).

 

Les émaux

On donne le nom d’émaux à toutes les couleurs employées en héraldique parce qu’elles étaient peintes en émail. On distinguera dans ces émaux les métaux et les couleurs proprement dites.

 

Les métaux : l’or et l’argent

L’or symbolise les plus hautes vertus telles la justice, la clémence et l’élévation de l’âme mais aussi la richesse, la générosité ou l’amour. L’argent quant à lui, est l’emblème de l’innocence, de la beauté et de la franchise.

 

Les couleurs :

Elles portent de drôles de noms : gueules, azur, sinople, sable, hermine, vair, etc. Ces appellations nous viennent des croisades. En effet, les chevaliers revenant de Terre Sainte aimaient échanger quelques mots en arabe en souvenir des combats. Ces couleurs sont, elles aussi, porteuses de symboles :

Gueules : c’est le rouge. Il symbolise le courage, la vaillance, le sang versé pour l’État.

Azur : le bleu. Il représente la douceur, l’aménité, la vigilance.

Sinople : le vert. C’est la couleur la moins employée. symbolise de l’espérance, de la courtoisie ou la joie.

Sable : le noir. Il symboliserait la terre. Il aurait été adopté par les chevaliers qui voulaient garder l’incognito. Il symbolise également le deuil, la tristesse, l’humilité, le dégoût du monde ou encore la prudence.

Hermne : le blanc parsemé de mouchetures noires. C’est le symbole des personnes de haut rang tels les ducs.

Vair : il est composé d’argent et d’azur au moyen de petites cloches opposées les unes aux autres.

Quelques règles régissent l’emploi dans un même écu de ces métaux et couleurs. Ainsi, on ne peut jamais poser métal sur métal (sauf pour la papauté) ou couleur sur couleur. Les formes de l’écu peuvent également nous donner des indices quant à la provenance du propriétaire ou leur statut (exemple : l’écu des dames est ovale ou en losange)(22).

 

Par où commencer ?

On commence par la description des armes mêmes (dont on énonce d’abord la partition, s’il y a lieu, puis le ou les émaux du champ, les pièces, figures avec leurs attributs, leur émail, leur disposition en suivant l’ordre des partitions. Ensuite, on passe au timbre, aux lambrequins, aux ordres s’il y a lieu, aux supports, au cri et à la devise(23).

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Héraldique fontainoise

 

Description

D’or à l’aigle de sable lampassée et armée (non onglée) de gueules, à une cotice de gueules brochant le tout(24) .

Ainsi se lit le blason de Fontaine-l’Évêque ! Au premier abord cela semble difficile de comprendre de quoi il s’agit ! Mais au regard de ce qui a été dit plus haut, on va reconnaître aisément de quoi elles se composent.

Le fond de l’écu est d’or et l’aigle est de sable, donc noir; elle est lampassée et armée : ses griffes et sa langue sont rouges et apparentes. À une cotice de gueules brochant le tout. Quand on sait que la cotice est une bande réduite, on saura qu’une bande oblique traverse l’écu de gauche à droite et qu’elle est rouge. Le blason est simple.

 

Historique Les armoiries de Fontaine-l’Évêque auraient pour origine celles des premiers seigneurs de la Ville qui portaient d’azur à l’aigle d’or et membrée de gueules, à une cotice aussi de gueules brochant le tout. Les armoiries de la seigneurie de Fontaine-l’Évêque ont changé de nombreuses fois en fonction de la famille à la tête de celle-ci. La Ville, quant à elle, conserva les siennes.

Le plus ancien document portant le sceau — donc les armoiries — d’un seigneur de Fontaine est une charte de Wauthier II(25) relative à l’hommage que celui-ci devait à Philippe, marquis de Namur, pour les fiefs de Bossut, Ville, Pommeroeul, Autreges, Villerot et Ollenguien. Ce document fut réalisé à Valenciennes le 9 janvier 1211. Le sceau porte les armoiries suivantes : aigle éployée à une cotice ainsi que l’inscription : S.WALTERI (de) FUNTANIS; le contre-scel a le même écusson +CLAVIS SIGILLI.

Sur un acte de 1215, le sceau de Wauthier mesure 50 mm de diamètre et porte une aigle éployée à une cotice, ainsi que la légende : S.WALTERI DE FONTANIS+ Wauthier.

II possédait plusieurs sceaux cependant il semble que les armoiries soient identiques. Seules les légendes différaient.

Quant à la cour des Échevins, du début du XVIIème siècle (1609) à la fin du XVIIIème siècle, elle avait pour scel une aigle éployée à une cotice brochant le tout et comme légende : SEEL·DES·ESCHEVINS·DE·FONTAINES·LEVESQUE. La matrice de ce scel paraît remonter au XVIème siècle. Il est probable qu’il s’agit d’une reproduction d’un type plus ancien dont on n’a malheureusement aucune trace(26). Il semble donc que le blason actuel de la ville soit celui de Wauthier II dont on ait modifié les couleurs.

 

À la Révolution française, suite à l’abolition des cours de justice échevinales, Fontaine-l’Évêque dut abandonner ses armoiries. Le sceau du Magistrat municipal n’est alors plus qu’une simple légende : MAIRIE DE FONTAINE-L’EVEQUE-JEMAPPE; le champ est laissé vide. Il était toujours utilisé le 1er mai 1815.

Sous le régime hollandais, la commune dut une nouvelle fois changer d’armes. Le sceau ne portait plus aucune armoiries mais une seule inscription occupait le champ : PLAATSELYK BESTUUR VAN FONTAINE-L’EVEQUE – HENEGOUWEN.

En 1878, Fontaine-l’Évêque portait des armes composées du lion belge, sans écu et debout sur un ruban portant la devise nationale : L’UNION FAIT LA FORCE avec en légende : ADMINISTRATION COMMUNALE DE FONTAINE-L’EVEQUE – HAINAUT(27). Des démarches furent entreprises en 1817 et vers 1876 par la Ville dans le but d’obtenir la restitution de ses anciennes armoiries. Mais c’est seulement le 7 mars 1898 qu’un arrêté royal autorisa la commune à porter les armoiries dont elle avait usé pendant des siècles(28).

Une nouvelle fois, avec la fusion des communes de 1977, la Ville dut introduire une demande afin d’utiliser ses armoiries et les étendre à Leernes et Forchies-la-Marche. La Ville reçut en 1980 l’autorisation de faire usage de ses armoiries de 1898(29).

Conclusion :

L’étude d’un blason est un sujet passionnant mais vaste. Il mériterait une étude plus exhaustive. Cet article n’avait d’autre ambition que de vous inviter à poursuivre l’étude.

Il est quand même étonnant de constater qu’aujourd’hui encore nous utilisons les armoiries et ses dérivés comme signe de reconnaissance.

Nous avons toujours besoin de blasons, de logos, de couleurs, de fanions, de signes distinctifs dans notre vie quotidienne. Ce système de reconnaissance né au XIIème siècle a fait ses preuves et a encore de beaux jours devant lui.

 

Lorraine Demoulin

Bibliographie

– Armoiries communales en Belgique, communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t.1, Bruxelles, 2002.

– CRAYENCOUR (G. de), Dictionnaire d’héraldique, Paris, s.d.

– DELHAMENDE (M.), Un peu d’héraldique in Les Amis de la Citadelle de Namur, février 2001, p. 4-17.

– DEMANET (A.G.), Recherches historiques sur la ville et la seigneurie de Fontaine-l’Évêque, Bruxelles, 1878 (réédité en 1982).

– D’HAUCOURT (G.), DURIVAULT (G.), Le blason, Paris, 1987, (collection Que sais-je, n° 336).

– GOSSERIES (A.), Notes sur les anciennes armoiries de la ville de Fontaine-l’Évêque in Annales du Cercle archéologique de Mons, t. XXVIII, Mons, 1898, p. 175-176.

– Le Petit Larousse illustré en couleurs, Paris, 1995.

– PARÉE (J.A.S.), Histoire de la ville de Fontaine-l’Évêque, s.l., s.d.

– MONOYER (J.), Armorial officiel du Hainaut. La province, les villes, les communes in Annales du Cercle archéologique de Mons, t. XX-2, Mons, 1887, p. 325-348.

– PASTOUREAU (M.), Traité d’héraldique, Paris, 2003 (4ème édition).

– PONCELET (E.), Sceaux et armoiries des villes, communes et juridictions du Hainaut ancien et moderne. Sceaux communaux conservés aux Archives de l’État à Mons in Annales du Cercle archéologique de Mons, t. XXXIV, Mons, 1905, p. 193-195.

  1 Le Petit Larousse illustré en couleurs, Paris, 1995, p. 89.

  2 PASTOUREAU (M.), Traité d’héraldique, Paris, 2003 (4ème édition).

  3 PASTOUREAU (M.), op.cit., p. 39.

  4 On peut considérer la Tapisserie de Bayeux comme une des premières bandes dessinées. Elle fut réalisée, rappelons-le, non par la Reine Mathilde,  épouse de Guillaume, duc de Normandie, mais soit par une communauté de moines ou un atelier de lissiers, soit commandée par le demi-frère de Guillaume, Odo, évêque de Bayeux, et destinée à être tendue sur les murs de la cathédrale. Elle raconte la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, en 1066. DELHAMENDE (M.), Un peu d’héraldique in Les Amis de la Citadelle de Namur, février 2001, p. 5. — PASTOUREAU (M.), op.cit., p. 29.

  5 PASTOUREAU (M.), op.cit., p. 300.

  6 Nom donné à la Tapisserie de Bayeux.

  7 DELHAMENDE (M.), op.cit., p. 5. — PASTOUREAU (M.), op.cit., p. 29.

  8 PASTOUREAU (M.), op.cit., p. 301.

  9 Ibidem, p. 47-55.

10 Ibidem, p. 4-6.

11 Armoiries communales en Belgique, communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 1, Bruxelles, 2002, p. 11.

12 Armoiries communales […], op.cit., p. 11.

13 Ibidem, p. 37.

14 Ibidem, p. 352-353.

15 PASTOUREAU (M.), op.cit., p. 148.

16 Ibidem, p. 148.

17 Notons que l’écu est supposé tenu par un chevalier qui s’en couvre en le tenant : son côté droit se trouve à gauche du spectateur et inversement. Le côté dextre (droit) de l’écu est donc à notre gauche et son côté senestre (gauche) à notre droite. D’HAUCOURT (G.), DURIVAULT (G.), Le blason, Paris, 1987, (coll. Que sais-je ? n° 336.), p. 44.

18 PASTOUREAU (M.), op.cit., p. 148-149.

19 CRAYENCOUR (G.de), Dictionnaire d’héraldique, Paris, s.d., p. 245. — D’HAUCOURT (G.), DURIVAULT (G.), op.cit., p. 76.

20 DELHAMENDE (M.), op.cit., p. 10.

21 Ibidem, p. 10. — PASTOUREAU (M.), op.cit., p. 122-169.

22 DELHAMENDE (M.), op.cit., p. 10-13. — PASTOUREAU (M.), op.cit., p. 100-121

23 D’HAUCOURT (G.), DURIVAULT (G.), op.cit., p. 124.

24 Les armoiries communales sont décrites comme lampassée alors que d’après Pastoureau, elles devraient être languées. Nous n’avons pu résoudre ce souci de vocabulaire ! Armoiries communales […], op.cit., p. 352-353.

25 Wauthier II, deuxième seigneur de Fontaine-l’Évêque, épousa Basilie, fille de Roger de Condé et d’Alix de Mons. Il accorda en 1212 aux bourgeois la charte par laquelle il réglait avec ses vassaux les droits seigneuriaux, les corvées et les rapports entre les bourgeois et lui. PARÉE (J.A.S.), Histoire de la ville de Fontaine-l’Évêque, s.l., s.d., p. 9-10; 79.

26 DEMANET (A.G.), Recherches historiques sur la ville et la seigneurie de Fontaine-l’Évêque, Bruxelles, 1878 (réédité en 1982), p. 230.

27 PONCELET (E.), Sceaux et armoiries des villes, communes et juridictions du Hainaut ancien et moderne. Sceaux communaux conservés aux Archives de l’État à Mons in Annales du Cercle archéologique de Mons, t. XXXIV, Mons, 1905, p. 193-195.

28 PONCELET (E.), Sceaux et armoiries des villes, communes et juridictions du Hainaut ancien et moderne. Sceaux communaux conservés aux Archives de l’État à Mons in Annales du Cercle archéologique de Mons, t. XXXIV, Mons, 1905, p. 193-195.

29 Armoiries communales […], op.cit., p. 37.