5 septembre 1944

Faits de guerre

Une famille fontainoise
durement éprouvée
lors
de la bataille du terril

par Christian Caudron,
rapporté par Jacques Mettens

Les souvenirs que je relate sur ce que l’on appelle « la bataille du terril » qui a eu lieu dans notre commune
le 5 septembre 1944 sont les restes de ce que ma mémoire a pu garder.
A cette époque je vivais chez ma grand-mère paternelle, Anna Parent, épouse de Joseph Caudron.
Mon père, Raymond Caudron, veuf de Bertha Buisseret (fille aînée du Grand Léon propriétaire du cinéma
du même nom) avait eu en seconde noces 4 enfants.
Mon grand-père maternel, Léon Buisseret eu quant à lui 5 enfants, 2 garçons et 3 filles, celles-ci ont perdu
leur mari pendant la guerre c’est-à-dire pour moi, mon père et 2 oncles.
Mon père et un oncle ici à Fontaine- l’Evêque et un deuxième oncle, Nestor Marin (mari de la deuxième fille),
fusillé le 30 mai 1940 à Loos prés de Lille.
Personne ne se doutait que mon père était dans la résistance.
Lors de la bataille du terril mon oncle, René Willame (joueur de football à la jeunesse sportive fontainoise
et dont le stade portera son nom) époux de la 3ème fille a été tué dans les premiers.
C’est sans doute ce qui a incité mon père à la vengeance et sans rien dire il se dirigea vers le lieu de la bataille.
Porté disparu, je suppose qu’il est passé par la côte du cimetière, il sera retrouvé le lendemain matin, gisant
dans un champ de pommes de terre, près d’un pylône électrique.
Il sera ramené à l’infirmerie du charbonnage du Pétria (située sous les grands bureaux).
Après la toilette du corps on s’est aperçu qu’il avait reçu une balle dans la tête.


La buvette de l’Hôtel de Ville servira de chapelle ardente, d’où partira le cortège funèbre, chaque famille suivra
le corps de son cher disparu, quant à moi j’en suivais deux (mon père et mon oncle).


En décembre 1944, les veuves et les orphelins de cette bataille ont été invités à participer à la fête de Saint Nicolas
donnée à l’Hôtel de Ville.
Cette manifestation durera plusieurs années. Les enfants, dont je faisais partie seront envoyés (en 1945) en Suisse,
plus précisément à Bâle et c’est là que j’ai appris la fin de la guerre pour laquelle je pense avoir tant donné.

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Je me souviens aussi d’un résistant, Mieur Léon Brisse qui, après avoir reçu les premiers soins, suite à une blessure
au bras, remonta au combat armé d’un 6,35 (son fils, termina comme adjudant au para-commando, bon sang
ne peut mentir.)

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Les croix blanches, souvenirs de la disparition de ces héros, ont été placées le long de la route et ne reflètent pas
l’emplacement exact où ces braves ont perdu la vie.
Le monument commémoratif a été construit grâce à la générosité de la population, la commune devra l’entretenir
ainsi que les croix.


 

 

Quelques considérations :
1) beaucoup de résistants furent tués
par un tireur d’élite allemand placé dans un arbre
et qui avait vue sur les assaillants.
2) pour mettre fin à cette tuerie se serait la M.N.B.,
qui venant de Piéton, par Forchies-la-Marche, aurait tiré sur les Allemands.
3) on m’a raconté, que pour faire cesser le feu, on avait utilisé un officier Allemand muni d’un drapeau blanc, celui-ci avait pour mission d’inciter ses amis
à se rendre, mais manquant à sa parole donnée
il avait repris les armes contre nos Fontainois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait revue N° 21

 

 

 

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