Du PERSONAL AUSCHWEIS

Du
« PERSONAL AUSCHWEIS »
à la
Carte d’Identité (CI)

par Alain Arcq

 

Voici un « souvenir » de la Grande Guerre que chaque Belge doit porter sur lui de façon obligatoire.
Si elle est électronique et d’un format de carte bancaire aujourd’hui, son ancêtre, dans une mesure moyenne était de
21 cm X 25 cm, soit un peu moins grand qu’un format de papier A4.

Vous avez tous reconnu facilement ce petit bout de chose qui dit tout sur vous : la carte d’identité !.

Très tôt, l’occupant allemand se rend compte qu’il lui est presque impossible de gérer la population des territoires belges occupés.
En effet, mis à part les actes de l’état civil, les listes électorales sont incomplètes par rapport à notre époque, ne fut-ce que par l’absence des femmes qui n’y figurent nullement.
Ce qui les inquiète également, c’est la résistance de notre armée sur l’Yser et le risque que les jeunes hommes en âge
de classe de milice ne franchissent les lignes afin de faire leur devoir patriotique.
Pour cela, mais aussi pour contrôler les déplacements indus ou « anormaux » à leurs yeux, il faut faire un recensement adéquat.


Qui a eu l’idée de créer cette carte, nous ne le saurons sans doute jamais mais en tous cas, ces dignes penseurs n’oublièrent pas d’utiliser les techniques modernes dont la photographie.
Vous découvrirez ci-après que nous seront bien loin du modèle dit « photo de carte d’identité ».


Dans le Bulletin Officiel des Lois et Arrêtés du 28 août 1915, tout est bien défini.
Les autorités mettent en place un « Personal Ausweis » ou certificat d’identité.
Cette ordonnance impose à tous ceux qui veulent circuler un certificat d’identité délivré par la police locale comportant nom, nationalité, signature, domicile, date et lieu de naissance, taille, profession et photographie.
« Si [le] fonctionnaire se trouve dans l’incapacité d’établir l’identité de façon certaine, il réclamera le témoignage de deux témoins irréprochables qui certifieront l’identité par leur signature. »
Dans la plupart des cas, comme à Leernes, ce sont les services communaux qui recevront les gens pour établir les papiers adéquats.
Cela se fera à la Maison Communale.
Dans d’autres communes plus étendues ou plus peuplées, l’affaire sera parfois du ressort de la police communale.
En 1919, peu après la fin de la guerre, notre gouvernement se rend compte des facilités administratives de cette carte
et la rend obligatoire dans un format différent.
La presse se félicite.

« Nous allons être bientôt débarrassés des “ Personal Ausweiss ” qui, d’ici quelques jours, devront être échangés contre des cartes d’identité belges.
Nombreuses sont les personnes qui réclament et considèrent l’obligation d’être munies d’une carte d’identité comme vexatoire »
Rien n’y fera et cela restera d’application.
Aujourd’hui, imaginez quelques instants vous rendre chez BPost pour retirer un recommandé sans carte d’identité…, remplir vos déclarations fiscales sans cette petite puce qui contient tout, même ce qu’elle ne devrait peut-être pas…, bientôt à l’hôpital sans la carte SIS…
ET tout cela, grâce à un héritage de la Grande Guerre !.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait revue N° 29

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