Lettre d’un cloutier de Fontaine-l’Evêque

Lettre d’un cloutier
de Fontaine-l’Evêque,
datée de 1808
pour Bordeaux

par Alain ARCQ

 

Dans le bulletin n° 14 d’août 2009, je vous présentais l’étude menée par votre serviteur concernant un commerce de clous en 1801 et ce au départ d’une facture achetée sur un site de vente internet.
Le hasard – auquel je ne crois pas – faisant bien les choses, voici quelques jours j’ai eu la chance de faire une nouvelle acquisition concernant cette fois l’année 1808.
Décidemment, la période du Consulat et de l’Empire semblait être une période riche pour le commerce de la cité
des cloutiers.
Voici tout d’abord le texte de ce courrier :

Fontaine Leveque le 16 avril 1808

Monsieur Holagray à Bordeaux
Je suis honoré de la Chere Votre du 9 du courant qui me fait remise
sur perregaux Laffite & Cie à Paris a 25 Jours de date de f 4000.
f 4050 a déduire 3 pr % 121 10 Ensemble f 4171 10 dont
Vous avez Credit je ne puis vous faire jouir de Lescompte totale
D’autant que votre Remise ne peut vous etre allouée que Sur votre
facture du 29 fevrier dernier, ne pouvant demander même bonification
sur Celle du 23 Dbre dernier le reliquat que vous aurez a me tenir
compte sera de f 369 39 dont vous m’obligerez a Locasion m’en
faire remise Sur paris.
Il serait incomprehensible comment les Liegeois pourrait vous ceder
leurs Clous a plus Bas prix que les notres nous ny avons
qu’un Benefice trop peu signifiant, a l’époque ou nous vous avons
fourni cette marchandise les fers doux avaient dejà souffert une hausse
qui vient de se succeder d’une Seconde de 10 a 12 pr % pour
Votre gouverne les fers Cassants ne tarderont point a suivre la même
augmentation qui dejà est effectuée par plusieurs maîtres de forges.

J’ai L’honneur de vous Saluer avec offre de Servive
Signé : Maghe Jn Casimir

 

Cette lettre, comme nous l’avons vu, est adressée à Monsieur Holagray, Marchand de fers à Bordeaux.
De nouveau le « hasard » fait bien les choses car en 1801, le marchand de clous Legaye, installé lui aussi
à Fontaine-l’Évêque, écrivait à la même personne.
Avant de nous intéresser à monsieur Holagray, faisons remarquer de la lettre a transité par BINCH 86 et a été reçue
à Bordeaux le 22 avril, soit sept jours après son écriture.
Force est de constater qu’il faut presque le même délai aujourd’hui pour acheminer un semblable courrier sans système prioritaire.
Et il parait que l’on améliore nos services publics…


Quelques recherches entreprises, filtrées et confirmées par des archives sur internet, nous ont permis de trouver
quelques renseignements d’importances sur cette société familiale.
En voici la teneur.

HOLAGRAY Père & Fils aîné, fossés Bourgogne, n°5 à Bordeaux.
Les ateliers de fonderie de messieurs Holagray et Festugières furent visités par Napoléon en 1808.
Cette maison commercialise tout ce qui touche aux fers.
C’est une des plus importantes de France, non seulement elle a sa propre production mais achète aussi des produits ferreux qu’elle revend.
Son fondateur semble être Holagray Jean, marié à Bordeaux – Saint-Michel à Denabre Catherine le 3 septembre 1788.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait revue N° 24

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