3 septembre 1994

C’était
le 3 septembre 1994
Qui se souvient encore de cette journée ?

par Alain ARCQ

 

A cette époque, à la fois si proche et déjà si lointaine, j’occupais les fonctions d’officier S2/S3 à l’Etat-Major de la Province de Hainaut, installé dans les quartiers de l’ancienne caserne de cavalerie, à Mons.
Pour les non-initiés, cette fonction détermine l’officier chargé de la sécurité, du renseignement et des opérations
sur le territoire de notre belle province.
Nous avions été contactés afin d’organiser, avec le comité national directeur, les communes et villes concernées,
les cérémonies du Cinquantième Anniversaire de la Libération de la Belgique.
Il faut dire qu’il y avait ainsi 57 localités mises à l’honneur dans notre pays.
Ce chiffre symbolique représentait les 57 mois où la Belgique avait été occupée par l’armée nazie.
En effet, si les Allemands sont bien rentrés sur notre territoire national le 10 mai 1940, les derniers occupants n’en sont
sortis que le 3 février 1945, à l’issue de ce que la mémoire collective a retenu sous le nom de « Bataille des Ardennes ».
Un convoi, ou plus exactement des convois, devaient les traverser avec un horaire bien précis et n’y faire halte que pour quelques minutes, le temps d’une commémoration patriotique d’importance.
Voici celui de la colonne motorisées de la colonne américaine numéro 2 tel que paru dans « Le Soir du jeudi
1
er septembre 1994 ».
« Samedi 3 septembre
Une deuxième colonne, américaine, celle-là, partira de Rumes toujours sur le coup de 8h (alors qu’une autre cérémonie
symbolique aura lieu à Cendron) et rejoindra la colonne britannique à Tournai (voir-ci-dessus).
 Puis elle suivra sa route propre en passant par Ghlin (10h), Mons (10h30), Fontaine-l’Evêque (11h15) et Charleroi
(12h), tous lieux où est prévu chaque fois une petite cérémonie
. … »
Chacun de ces convois se composait de véhicules alliés de la seconde guerre mondiale, mais aussi de véhicules
plus récents.
Les reconstituants étaient accompagnés de représentants alliés venant du S.H.A.P.E. de Casteaux (Mons) parmi lesquels
se trouvaient des officiers belges et des membres du comité national du cinquantième anniversaire.
Le sigle de cette journée était composé par quatre chiffres formant le nombre 44 et le nombre 94, encadrant le grand V
de la victoire sur les troupes nazies et barré de deux lignes jointes en arrière plan.

Dans mes attributions, j’avais la ville de Charleroi, la ville de Fontaine-l’Evêque et la commune de Monceau-Imbrechies
(Cendron, officiellement premier village belge libéré et où des combats eurent lieu entre « SS » et G.I.)
Les responsables nationaux étaient représentés par le Commandant d’aviation Pierre VERLY et les communes précitées
par Monsieur Georges DUQUET pour la première, Messieurs MAGHE (échevin) et Gaston BOURGUET (président
des Associations d’Anciens Combattants) pour notre ville, et le Docteur Paul DELAHAYE pour la dernière.
Le Commandant VERLY agissait aux ordres du Lieutenant-Général aviateur MANDEL, commandant de la TAC (Tactical
Air Force), futur et dernier chef d’état-major de la Force Aérienne avant la restructuration.
En cette année 1994, je commandais également, « ad interim », le Dépôt Logistique de Thuin (Quartier du Gibet – Noyau
Mobilisation 52) qui, comme unité territoriale la plus proche, allait fournir le détachement d’honneur
pour Fontaine-l’Évêque.
En effet, dans les cinquante-sept communes retenues, la Province de Hainaut en comptait pas moins de dix.
Mons, Cendron, Charleroi, Fontaine-l’Evêque, Ghlin, Monceau-Imbrechies, Rongy, Sars-la-Bruyère, Tournai et Wodecq.
C’est une équipe d’historiens, sous la conduite du professeur Francis Balace, qui détermina, en se basant uniquement
sur une recherche historique, ces lieux où devaient avoir lieu les cérémonies.
Voici ce que l’édition précitée du journal « Le Soir » nous livre pour notre ville :
« FONTAINE-L’EVÊQUE – Quinze résistants du Front de l’indépendance et un soldat américain étaient tués
le 5 septembre en attaquant 200 Allemands qui s’étaient retranchés dans les bosquets d’un terril
».
Ce détachement se composait de 2 sous-officiers et de 6 volontaires (entendre par là 6 personnes du rang subalterne).
J’avais espéré l’honneur de commander ces hommes dans ma propre ville mais je fus désigné pour Cendron où des
cérémonies plus importantes devaient avoir lieu.
En ce qui concerne Fontaine, le docteur RENAUT joua une part active avec sa colonne motorisée d’anciens véhicules
militaires contemporains de la Libération.

 

 

 

 

La ville de Fontaine-l’Évêque a remis un petit cadeau-souvenir
à mes hommes dont un exemplaire m’était destiné.
Je le garde précieusement comme souvenir d’une cérémonie
où j’aurais voulu être mais où le destin et le devoir en décidèrent autrement.
La cérémonie eut lieu à 11h20 si ma mémoire ne me trompe pas.
Le convoi, qui ne pouvait s’arrêter longtemps, resta dix minutes.
Ce qui ne l’empêchera pas de revenir dans notre ville par après.

 

 

 

Si parmi les lecteurs, certains possèdent des documents sur ces cérémonies qui eurent lieu Place de la Wallonie
et dans le Parc Roi Baudouin, autour du monument, le C.H.A.F. serait heureux de les publier dans son bulletin.
Nous sommes également intéressés par les témoignages dont nous prenons en charge la rédaction.
Ecrire ce qu’il s’est passé dans notre commune il n’y a que quatorze ans, c’est aussi écrire son Histoire, c’est écrire
votre Histoire pour les générations futures !

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